Retour de nos explorateurs sur la Fane (rivière frontière entre l’Eire et l’Ulster)

 



Il a fallu insister pour que nos deux vaillants Refendus, Philippe Cachera et Daniel Fontaine acceptent de livrer leurs premières impressions. Visiblement, ils étaient encore sous le coup de l’émotion, du décalage horaire, et de la digestion de la Guiness.

Néanmoins, pour les lecteurs –méritants- de ce blog, j’ai réussi à leur arracher ces premières déclarations, ainsi qu’une interview genre Voici-Voilà. Il semblerait qu’ils gardent l’essentiel de leurs révélations pour la réunion de rentrée des Réfendus, ce mardi 30 septembre 2008 !

Le secrétaire.

 

 

Daniel :

« Le mois d'août a été particulièrement pluvieux en Irlande. La rivière est fantastique mais elle était beaucoup trop haute et rapide en début de semaine. Wading impossible. Au fil des jours la Fane s'est éclaircie et le débit a légèrement diminué.

Comme la pêche à la truite était impossible, nous avons misé sur le saumon. Le fond de la rivière est sombre et nous ne voyions pas le poisson. De plus comme chacun sait, le saumon est cabotin, nous y avons renoncé dans le cours de la journée de lundi.

Le courant était fort, nous avons attaqué en sortie de courbes en nymphe bien lestée : bille tungstène n° 3 agrémentée de 6 tours de fil de plomb (un parpaing). Les premiers vrais poissons ont été pris.

Les eaux se sont calmées au fil des jours, notre pêche a été plus fructueuse de jours en jours et particulièrement à compter de mercredi.

Pas de gobages, nous avons pêché en noyée. Je me suis régalé.

Quand les conditions sont favorables la pêche y est très facile et les truites magnifiques. Nous avons eu tous les temps : couvert, pluie, soleil. Température moyenne de 15° (les extrêmes : 12 à 20°)

Vendredi, nous avons aperçu un saumon qui marsouinait (selon Philippe) à trois reprises et il en a vu un autre un peu plus tard dans la journée… »

 

 


Philippe :

« En fait, nous avons fait deux voyages.

 -Le premier plutôt pourri : les 3 premiers jours, un niveau d'eau entre 50 et 80 cm plus haut que la normale, des mouches qui pratiquent le surf... et une mauvaise idée que d'alterner saumon et truites, car très aléatoire et je trouve assez rébarbatif pour l'un (jusqu'à ce que prenne le premier tu me diras !) et du coup, matériel non adapté pour les secondes...

Bref, la galère, on a même fait une expédition sur les conseils d'un pêcheur sympa sur un lac où j'ai pris la seule truite de cette fin d'après-midi mais dans un cadre magnifique et le moral remontait un peu. (il n'y a pas eu de capot quand même mais ce n'était pas loin… )


- Le deuxième voyage a commencé le 4ème jour, on discute avec Daniel sur une autre stratégie et décidons d'un commun accord de ne nous consacrer qu'à la truite et là tout va changer pour les trois derniers jours.

Matériel super adapté, soie cannes.. et nos mouches que l'on connaissait bien. 11 prises pour moi le mercredi ; 8 le jeudi ; et 25 le vendredi. Daniel a aussi bien marché que moi et a fait une superbe de 38 cm, photo à l'appui.

Le logeur est un pêcheur super sympa et excellent cuistot, il nous a emmené sur les parcours, nous on l'a emmené au pub ! La meilleure période est bien, entendu, pour lui, la première semaine de juin ; comme je lui ai expliqué, le problème est que partout en Europe la meilleure période est en juin ! .../…

Cette rivière est magnifique, un cheptel de truites important et des parcours variés, bien que nous ne l'ayons pas vue sur son meilleur jour....

Nous avons progressé, mentalement, et aussi techniquement car on a quasiment tout fait en noyée, ou nymphe noyée en dérive qui drague ! Le subsedge a fait un miracle le jour où j'ai fait les 11 truites, 10 ont été fait sur le subsedge ! En l'utilisant en noyée, pêche aval en draguant ! »

 














INTERROGATOIRE / Nous avons les moyens de vous faire parler…

 

 

Question : Philippe et Daniel, depuis quand embêtez-vous les poissons avec une canne et une ligne ?

 

Philippe : Depuis l'enfance, pêche au coup, à la carpe mais avec une très grande interruption avec les études. Puis j'avais toujours en tête de reprendre un jour la pêche mais avec un nouvel objectif : la pêche à la mouche.


Daniel : Mon père m'a mis dans les mains une canne au coup dès que j'ai eu la force de la tenir. J'ai donc attrapé le virus très jeune et j'espère bien ne jamais en guérir.

 

  




 











Depuis quand avec des mouches artificielles au bout d'un fouet ?

 

Daniel : Mon premier stage de pêche a eu lieu dans les Pyrénées en juin 2004.

 

Philippe : Cela fait maintenant environ 7 ans dans que je me suis mis à la mouche, d'abord avec un guide durant les vacances.  Puis lors du salon de pêche à la mouche à Paris j'ai rencontré le Président du Club des Refendus de Flers… par hasard. Comme quoi le hasard fait bien les choses, j'ai vite intégré ce club grâce auquel j'ai rencontré de fins pêcheurs, monteurs de mouches et aussi adeptes de voyages de pêche, ce qui n'était pas pour me déplaire. La très bonne ambiance et la convivialité fait que j'y suis toujours depuis 6 ans; tous les membres sont devenus des amis. C'est grâce à deux d'entre eux, Dominique et Jean-Pierre, que j'ai d'ailleurs découvert l'Irlande. Nous avons fait 3 voyages ensemble dans ce pays et 3 autres en Slovénie, au  Pays de  Galles et en Autriche.

 

 

Qu'est-ce qui vous a pris d'aller pêcher une rivière irlandaise à la mi-septembre, alors que l'été a été très pluvieux dans la Verte Eirin ?

 

Philippe : Nous avions réservé auprès d'un Tour Operator avant cette période pluvieuse !! Et puis la mi-septembre parce que, en mai- juin nous étions ailleurs, sur d'autres rivières !

De plus, il est très intéressant d'aller en septembre en Irlande car la pêche se terminant vers 20 heures, il reste un peu de temps pour repasser par le pub avant le dîner !



 

Pourquoi la rivière Fane ?

 

Philippe : Pourquoi pas ?

 

Daniel : Parce que Philippe a choisi la rivière Fane, que ça été un excellent choix et je l'en félicite : une jolie rivière qui alterne les secteurs larges et étroits, les calmes et les rapides dans des décors somptueux de bocages. De plus,  la Fane est très poissonneuse.

 



 

Quels poissons cherchiez-vous ?

 

Philippe : La truite sauvage, brown trout

 

Daniel : La truite essentiellement mais en ayant dans l'idée de taquiner le saumon si les conditions s'y prêtaient. Les conditions semblaient favorables mais les saumons un peu moins. Après deux journées infructueuses nous avons réajustés nos ambitions et nous nous sommes réorientés vers ce que nous connaissons un peu mieux : la pêche à la truite en nymphes et en noyées.

En fin de séjour deux saumons se sont fait remarquer en marsouinant à notre approche.

 


Les  truites irlandaises sont-elles aussi petites que le disent les mauvaises langues françaises et y a t'il aussi peu de gobages sur les rivières irlandaises qu'on le dit ?

 

Daniel : Les gobages étaient pratiquement inexistants : nos sèches n'ont pratiquement pas eu de succès. Par contre il n'était pas rare d'avoir un gobage sur la noyée au moment où elle arrivait sur l'eau. Les truites sont superbes, très combatives et de belles tailles et on n’a pas tout vu...

 

Philippe : Pour la taille, je vous laisse juger sur les photos ; pour les gobages, les conditions météos étant défavorables, nous n'en avons pas vu beaucoup, par contre lors de mes autres voyages en Irlande, on ne pouvait pas s'arrêter sur un pont sans en apercevoir, au bout de quelques instants d'observation.


 

 

Que pensez-vous des Irlandais et de la convialité qu'on leur prête ? Quid de la Guiness ?

 

Philippe : L'ambiance dans les pubs est merveilleuse, les Irlandais très conviviaux. Si en plus on a la chance d'assister à une soirée avec musique, c'est encore mieux.

La Guinness est un peu difficile pour la première pinte, les autres passent toutes seules.

 

Daniel : Nos contacts avec les Irlandais ont été excellents. Tous les pêcheurs rencontrés nous montraient leurs mouches utilisées et nous conseillaient sur les bons secteurs...et leurs tuyaux se sont avérés de qualité.

La convivialité au Pub est bien réelle. Pour exemple nous avons eu droit en notre honneur à une Marseillaise entonnée par un Irlandais. Ce dernier, grand sportif pratiquant une fois par an le football gaélique (surtout en tant que commentateur et toujours prudemment éloigné du ballon) était également grand consommateur de Guiness. Il a du connaître un jour la déshydratation et il faisait de sorte que nous ne subissions pas le même sort !

 

 

Quel bilan d'une semaine de pêche, en septembre sur la rivière Fane ?

 

Daniel : De peu de prises en début de semaine, nous avons terminée celle-ci sur les chapeaux de roues et ce jusqu'à la dernière minute !

Nos résultats ont été très honorables mais si nous avions pu prolonger un peu notre séjour, en misant sur la continuité de l'amélioration des conditions de niveau de la rivière,  je ne doute pas que nous aurions pu obtenir des résultats, en quantité et en taille de poissons bien supérieurs.

 

Philippe : Bilan mitigé cette année, vu les conditions météo; les 3 premiers jours ont été pénibles car, la Fane étant une rivière à saumons, la crue était favorable pour la pêche du saumon. Bien sur nous avons tenté notre chance, mais la pêche du saumon n'est pas trop ma tasse de thé, c'est assez répétitif et monotone, même si l'idée d'en avoir un au bout de ma canne ne me déplairait pas ! On a donc alterné entre les deux pêches, (truite et s aumon) ce qui s'est avéré être un mauvais choix. Aussi nous avons revu notre stratégie avec Daniel et à partir du mercredi, nous nous sommes consacrés à la truite uniquement. Nous avons beaucoup progressé dans la pêche en noyée, car s'était quasiment la seule technique possible. Les conseils de Jipé nous ont été précieux...

 

 

 

 

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