Partager l'article ! Truites, Rivières, Pêcheurs en Picardie / petit mémento à usage des gestionnaires bénévoles de rivières et des pêcheurs qui ne les comprennent ...
Voici un extrait (la première partie) de l'excellent ouvrage d'Alain de La Simone que
'lon peut obtenir par mail à l'adresse suivante :
a-delas@aliceadsl.fr
Sommaire
Introduction
1) L’eau de ma rivière……..……………………………………………Page 5
Une eau propre ? Pollutions violentes. Pollutions insidieuses
Une eau nourricière ? L’IBGN et qualité biologique du milieQue faire en cas de pollution ? L’urgence et le long terme
2) Données scientifiques : Gestion piscicole théorique d’une rivière… Page 8
Pdpg
Habitats potentiels, habitats existants
Capacité de production potentielle et existante
Objectifs de gestion : patrimoniale, patrimoniale différée
3) La gestion pratique du parcours. Besoins et solutions……….……....Page 11
(a)
Les actions à entreprendre sur la largeur du lit, sa profondeur,
le fond, les retenues, les berges, les ruisseaux pépinières
(b)
Les frayères, l’habitat des juvéniles :nurseries ou crèches
L’habitat des adultes, les abris à créer
Calendrier type de travaux.
Votre syndicat de rivière
4) Gérez votre population de truites .. ………………………………..Page 24
Aides à la nature : Les « bonnes » piscicultures,
introduction d’oeufs. Boites Vibert. Boites d’éclosions
Introduction de truitelles
Des truites portions à prendre immédiatement ?
5) Définir votre politique de la pêche……..…………………...…………...Page 30
Réfléchissons d’abord : quels sont nos buts ?
La Maille. Le nombre de poissons prélevés,
Les modes de pêche. Le « No-kill »
La surveillance, les prédateurs
6)
Conclusion…………………………………………………….…………..Page 34
7)
La parole est à vous : où en êtes-vous ?………………………………….Page 36
8)
Boite à idées :……………………………………………………………...Page 37
Avertissement
Les données techniques avancées dans ce document s’appliquent à des rivières de type « chalkstream », (rivières à lit de craie) que l’on trouve dans la moitié nord de la France. Pour autant, un lecteur avisé pourra y trouver quelques « idées –force » que l’auteur espère, sinon universelles, du moins utilisables sur d’autres types de cours d’eau.
En guise d’introduction, une prise de conscience.
Il y a, d’abord, le bonheur d’être au bord de l’eau courante. Indéfinissable sentiment
d’harmonie et de sérénité. Rien de raisonné. Rien de sentimental. Un bien-être, une paix qui
vous pénètre et vous grise.
Parmi tous les paysages que le monde m’a offert, j’aime par-dessus tout les vallées.
Entre leurs versants, largement ouverts ou sauvagement resserrés l’eau qui court s’appelle
ruisseau, torrent, rivière.
L’eau qui court peut dévaler la montagne ou serpenter dans la plaine.
L’eau qui court, chante, bondit, s’enroule en tourbillons lents ou furieux, s’étale, ruisselle sur
les radiers ou prend de la profondeur dans de mystérieuses fosses.
Elle donne aux arbres, aux rochers, aux ponts une vie qu’ils n’ont pas ailleurs.
Cette eau, qui, littéralement, m’enchante, n’est pas seulement un élément du paysage, ni
l’un des quatre éléments physiques constituant notre cadre de vie, la terre, l’air, l’eau le feu.
C’est aussi, c’est surtout un milieu biologique, un espace de vie intense. Un lieu qui, en
l’absence d’agressions, grouille de millions et de milliards d’insectes, d’animalcules et
d’animaux, poissons, anguilles, écrevisses, batraciens pour ne citer que les plus connus.
Cette vie interne de la rivière a fait de moi un pêcheur, quelqu’un qui cherche à percer le
mystère de la vie aquatique. ce monde si étranger que l’on ne découvre que par expérience,
tâtonnements, erreurs. Un monde magique dont il n’existe aucun « sésame » universel, mais
des approches, des découvertes, peu de certitudes et, beaucoup de doutes.
L’étrangeté de notre nature humaine, fait que cet amoureux de la rivière va mobiliser son
savoir, sa science et ses connaissances pour s’en approprier la part la plus précieuse, le
poisson. Et pas n’importe quel poisson.
La truite sauvage est un poisson royal. Rapide comme l’éclair, ombrageux, d’une élégance
extrême dans ses multiples robes locales, combatif et craintif, tout à la fois et, finalement,
très fragile.
Oui, il faut le dire, amis pêcheurs, nous ne nous contentons pas de rêver. Comme tous vrais
passionnés, notre amour tend à la possession et ces pulsions de conquête vont faire de
nous, pêcheurs, des séducteurs appliqués à leurrer et à prendre, bref, des prédateurs
jouissant de chacune de nos prises.
Ainsi, aux immenses dégâts causés par l’activité humaine à ce milieu que nous aimons tant
,
il faut ajouter l’impact de nos propres prélèvements.
Cette contradiction cruelle entre le respect du milieu naturel, et nos pulsions prédatrices, il
nous faut la résoudre si nous voulons rester honnêtes.
Il appartient donc au pêcheur d’employer son génie et ses forces à rétablir et maintenir ce
fragile, indispensable et miraculeux équilibre dont je crois que les non-pêcheurs ne peuvent
percevoir réellement ni la beauté ni la nécessité.
C’est au prix de cet effort quel le pêcheur peut trouver sa place dans l’équilibre de la Nature
.
C’est en devenant le gardien et le promoteur de ce milieu, que le pêcheur trouvera sa
véritable dimension.
A l’heure où j’écris ces lignes, il faut avouer que nous avons failli. La plupart de nos rivières,
dégradées par nos activités humaines et sur-exploitées par des pêcheurs peu instruits des
conséquences de leurs prélèvements ne vivent plus qu’artificiellement à l’aide de
déversements massifs de poissons de pisciculture.
Ainsi, au lieu de corriger les causes des dégradations qu’il inflige au milieu qu’il prétend
aimer
, notre monde de la pêche à la truite se joue souvent une comédie.
Quand la réalité des choses lui imposerait de restaurer ses rivières pour obtenir de vrais
poissons, il se contente trop souvent de déverser des caricatures de salmonidés de toutes
espèces élevées et gavées pour être mangées et, évidemment pas préparées à une
quelconque vie sauvage.
Quelle alternative à ces déversements de « fausses » truites ?
Cette question m’est venue brutalement quand, avec l’équipe de passionnés de l’Amicale
des Evoissons de Contre dans la Somme, il nous est apparu qu’il ne suffisait pas d’avoir de
la bonne volonté. Certes, nous étions passionnés, mais sans doute inefficaces et, parfois
même, dangereux par ignorance. A l’évidence, il nous était nécessaire de nous instruire et de
définir un plan d’action à court, moyen et long terme.
Cette réflexion s’est concrétisée dans un document à l’issue de réunions organisées sur mon
initiative par les clubs de pêche à la Mouche d’Amiens et de la Bresle avec le concours de
spécialistes et l’expérience extraordinaire de gens de terrain.
C’est de ces échanges si fructueux entre pêcheurs et spécialistes de la gestion de nos
rivières, que m’est venue l’idée de ce guide pratique. Forcément incomplet, bien entendu
perfectible, sans doute peu original pour la plupart des spécialistes, puisse-t-il au moins nous
aider tous à conjuguer nos efforts pour relever ce défi :
aboutir à cet état de grâce, une
rivière capable d’abriter une population de truites
naturelles en quantité suffisante
pour que les pêcheurs puissent en prélever sans la mettre en danger
* * *
Je remercie tous ceux, gens de terrain ou scientifiques, qui m’ont aidé à faire ce petit
livre dont j’assume, comme seul auteur, toute la responsabilité. Qu’il provoque un
débat sera mon plus grand souhait, le pire étant de ne rien changer à ce qui constitue
nos habitudes d’aujourd’hui. 01-02-2007.
( I) L’eau de ma rivière.
Nos truites sont très exigeantes. Elles ont besoin pour vivre et se développer d’une eau
pure, « propre » et aussi « nourricière »
(A) Une eau « propre ».
Il y a d’abord les produits toxiques,
(B) Une eau « nourricière »
L’IBGN L’indice biologique global
Normalisé ???
L’eau de notre rivière n’est pas seulement un « élément », c’est un milieu. Il est donc
indispensable d’en mesurer la qualité, pas seulement en terme de « pureté chimique »,
mais aussi comme « climat
biologique imposé à tout ce qui vit dans la rivière. ». En
définitive, il nous faut savoir ce que notre milieu-rivière offre réellement à tout ce qui y vit, et
pour cela, mesurer la variété et la densité des organismes vivants qu’elle contient.
C’est l’indice global biologique normalisé
. Il attribue une note de 0 à 20 après étude et mesure du peuplementd’invertébrés aquatiques.
On le mesure à l’aide d’un appareil spécial un échantillonneur de type Surber.
Cet indice nous intéresse car il va déterminer la capacité « nourricière » de notre rivière.
Un bon indice nouspromettra une bonne densité de poissons. Parmi les nombreux
paramètres qui concourent à cet indice, il en est un qui intéresse particulièrement les
pêcheurs, c’est le nombre d’espèces d’insectes aquatiques retrouvés dans les "surbers "
Quelle est la réalité ?
à l’insuffisance de la station d’épuration de Poix, mais aussi
à l’impact de la mauvaise qualité de certains étangs
Il est donc très important pour chaque gestionnaire de bien surveiller cet indice.
-1 ) Alerter le CSP en appelant le chef de Brigade local. (Pour ce qui est de la Somme, le garde chef,
06.72.08.10.29.). C’est lui mandatera un de ses agents pour aller faire le constat sur le terrain. (En
week-end, c’est la gendarmerie qui prend le relais) .
2) Si vous voulez déposer plainte, vous pouvez contacter une association écologiste.
En Picardie, vous pouvez contacter Picardie Nature. Voici le téléphone : 03.22.97.97.87.
(Il n y a pas de permanence. ) Prévenir aussi la Fédération.
Puis intervenir pour faire cesser la pollution et obtenir réparation
Il faut, évidemment ; réagir à toute pollution en la signalant à notre Fédération
Ensuite, il faut porter plainte pour se constituer ensuite partie civile et obtenir réparation
des dommages subis.
Cependant, il faut savoir que la nécessité de la preuve rend la démarche en justice
très difficile lorsqu’il s’agit d’une pollution accidentelle. Pour mettre en cause le pollueur, il
faut en effet l’identifier personnellement et identifier la nature du produit polluant. (Noter
que les pollutions d’hydrocarbures, faciles à identifier, sont relativement peu dangereuses
pour nos rivières)
Si la pollution est périodique, la répétitivité rendra l’identification plus facile. Il faut savoir
enfin que si le coupable est bien identifié la justice sera très sévère. Je connais des
Directeurs d’usines mis en garde à vue à la suite de pollutions dont le Juge a reconnu
qu’elles n’avaient rien d’aléatoires mais faisaient partie de leur politique de traitements
des déchets. Depuis quelques années, lois nationales et directives européennes sont
devenues de plus en plus sévères et contraignantes pour les pollueurs. (En 2015, toutes
les rivières devront être aux normes européennes).
Conclusion :
On voit bien que ce n’est pas nous qui pourrons agir directement sur des agressions
du milieu telles qu’une pollution produite 15 kms en amont. Cela restera du ressort
des Fédérations, des agences de l’eau etc. Notre rôle sera seulement de signaler les
problèmes et de soutenir fermement, inlassablement les actions qui seront
entreprises. Ce soutien est indispensable.
En effet, le problème de la lutte contre les pollutions ne réside pas dans l’absence de lois.
Elles existent. La difficulté vient du manque de volonté politique de les appliquer et de la
nécessité, en justice, d’apporter des preuves.
Souvent les pouvoirs publics, sont pris en tenaille entre leur envie de promouvoir une France
propre et les menaces de chômage brandies par les pollueurs ou les pressions des
lobbysmes agricoles.
Il faut donc réveiller cette conscience écologique chez nos responsables
Les lettres, contrairement à ce qu’on pense, ont beaucoup d’impact. Il ne faut
donc jamais hésiter à écrire à nos élus, Maires, Conseillers, Députés ainsi qu’à nos
Préfets, pour leur manifester notre mécontentement. Croyez-le ils y sont sensibles.
La qualité de l’eau de nos rivières s’est, quand même, globalement améliorée
à la moindre alerte
II - Un peu d’explications scientifiques
Gestion piscicole théorique
Comprenons le travail des spécialistes :
Chaque département doit réaliser son « PDPG », plan départemental pour la gestion des
milieux piscicoles. Pour le réaliser, les spécialistes commencent par faire un « état des
lieux ». Il s’agit :
(1)de faire le constat de ce qu’offre chaque rivière aujourd’hui et
(2) d’analyser ce qui lui manque pour atteindre l’excellence afin de
(3) planifier les actions à conduire pour y parvenir..
Ce qu’ils font à l’échelle d’un département, nous devons le faire à l’échelle de notre parcours.
Comment font-ils ?
On commence par analyser la CAPACITE D’ACCUEIL de la rivière. Cela commence par
un recensement des habitats que la rivière pourrait offrir dans des conditions idéales.
C’est ce que les spécialistes appèlent sa « capacité maximum potentielle ».
On fait, évidemment, aussitôt après l’inventaire des habitats existants réellement
aujourd’hui.
On obtiendra un autre indice, la capacité d’accueil « actuelle »
La différence entre les deux, c’est ce que nous pourrons espérer obtenir après les
travaux d’aménagements auxquels nous allons devoir nous atteler.
Pour autant, il ne suffit pas d’avoir un logement,
il faut pouvoir y vivre. On analyse
donc, la CAPACITE de PRODUCTION de la rivière.
Il y a, là aussi, ce qu’elle pourrait produire dans des conditions idéales et ce qu’elle produit
réellement aujourd’hui. On parlera de « capacité de production « potentielle » et de
« capacité de production actuelle".
Comparons notre rivière à un lotissement
- Le nombre de maisons qu’on pourrait y construire = capacité d’accueil théorique
- Le nombre de maisons construites aujourd’hui = capacité d’accueil existante
Et, d’un autre coté :
- Le nombre d’habitants que la ville pourrait nourrir = capacité de production
théorique
- Le nombre d’habitants qu’elle est capable de nourrir aujourd’hui = capacité de
production réelle
On imagine bien que si notre ville est très riche, elle serait capable de nourrir beaucoup
d’habitants. Mais si il y a peu de maisons, les nouveaux venus iront vivre ailleurs. C’est ce
que feront immédiatement nos truites si elles ne trouvent pas à se loger. Elles dévaleront.
A l’inverse, si nous nous trouvons dans une ville nouvelle où il y aurait beaucoup de
maisons et peu de ressources, on aurait beaucoup de logements vides, faute de
«ressources» permettant d’y vivre. A l’échelle de notre rivière on aurait de bons abris sans
truites pour les occuper.
Traduisons çà sur le cas d’une toute petite rivière de la Somme, actuellement fortement
dégradée. Voici les résultats de l’inventaire fait par les spécialistes :
nombre de truites
Capacité d'accueil potentielle 736
Capacité d'accueil aujourd'hui 105
Capacité de production potentielle 1080
Capacité de production aujourd'hui 162
On voit bien que, idéalement, la rivière pourrait contenir 736 abris (maisons) mais qu’il
n’en existe que 105.
Qu’elle pourrait « produire » 1080 poissons, mais qu’elle n’est capable aujourd’hui que
d’en produire 162.
On en déduit qu’aujourd’hui on n’y trouvera que 105 truites et qu’après travaux de
restauration et lutte contre les pollutions, de toutes façons, sa population ne
dépassera jamais 736 poissons. C’est bien le nombre d’abris qui limitera la population
de truites.
Notre premier constat sera donc généralement très négatif. On constatera beaucoup de
manques qui interdisent à la population de truites de croître normalement.
Mais, dans de très nombreux cas, le diagnostic lèvera beaucoup d’espoirs. Oui, le
milieu manque d’abris, oui, il est largement perturbé, mais il est possible d’améliorer
les choses, tout en comprenant bien maintenant que ce qui limitera définitivement
notre population de truites c’est « le milieu ».
C’est le moment de passer à l’action : E n agissant sur tous les points noirs, on arrivera à
une gestion « patrimoniale différée »,
oeufs ou de truitelles.
Ces apports extérieurs ne se justifient que par l’impossibilité d’interdire la pêche pendant
cette période de reconstitution du milieu - comme le raisonnement scientifique le voudrait -
parce que les pêcheurs sont aussi les « payeurs » et que ce sont leurs cotisations qui
financeront le progrès.
Il existe, enfin, malheureusement des cas de rivières dont le diagnostic sera entièrement
négatif : ces rivières ne pourront pas, dans un avenir prévisible, être restaurées au point
de pouvoir soutenir une population autochtone de truites. Et là, sans déversements, pas de
truites…
Quel est donc notre champ d’action, à nous, gestionnaires de parcours ?
Notre vrai rôle, nous le trouverons dans l’aménagement de « notre » territoire, notre
propre tronçon de rivière.
Encore faudra-t-il concerter les actions à l’échelle de la rivière et même de l’ensemble de son bassin versant
En résumé, il est indispensable de retenir l’axiome suivant : un milieu donné ne peut
abriter qu’une quantité donnée de truites
. Et, de sa conséquence évidente :Cet axiome, s’il remet en cause beaucoup de pratiques locales, offre en même temps de
vraies perspectives aux responsables de la gestion de nos rivières
La seule action réellement positive en matière
de peuplement piscicole n’est pas l’introduction
de truites mais l’amélioration du milieu.
Il n’est pas concevable de poursuivre des actions désordonnées, comme celles qui
consistent à déverser dans une même rivière ici des farios, là des arc en ciel, ou des
saumons de fontaine, ou des ombres et que sais-je encore. Des réunions entre
gestionnaires de « tronçons » de rivière, qu’ils soient privés ou constitués en appma, sont
indispensables car nos chers poissons se moquent des frontières.
sera optimisée, mais aussi, dans laquelle un prélèvement d’individus par les pêcheurs
sera toléré sans mettre en cause le renouvellement des générations..
En l’attente, on sera dans une situation que les spécialistes qualifient de gestion :
Il y a d’un coté:
».. Dans la plupart des cas où elle est encore insuffisante elle n’empêche pas la vie et laA nous de maintenir la pression sur les pollueurs en intervenant en se manifestant.
Les gestionnaires de Frémontiers, Contre et Fleury auront donc tout intérêt à se
préoccuper sérieusement du problème en mettant la pression sur les responsables
Des cas de pollution...
On constate que là où les indices chimiques annonceraient une eaurelativement pure, l’IGBN nous oblige à constater que le milieu est en réalité très dégradé..
A titre d’exemple, sur les Evoissons où la qualité « chimique » de l’eau est acceptable, on
constate que la note IBGN qui mesure sa qualité « biologique » est de 7/20 en aval de
Famechon alors quelle est de 12 en amont et qu’elle devrait être de 13/20 pour être
vraiment satisfaisante.
On voit qu’ici la qualité biologique de l’eau est à la moitié de ce qu’elle devrait être. (On
attribue cette mauvaise note un chargement permanent ou accidentel en poisons
pouvant aller jusqu’à la destruction de toute vie dans la rivière.
Il y a bien sûr les produits violents : soude, acides qui tueront tout, instantanément Il y a
aussi les pollutions insidieuses (métaux lourds, plomb ou mercure) qui empoisonnent
lentement mais très dangereusement..
On parle beaucoup des nitrates et phosphates, mais ces sous-produits de la modernité
sont assez bien traités par nos stations d’épuration, et, s’ils ne sont pas complètement
éliminés, ils ne font qu’apporter un excès, certes néfaste, mais non déterminant, de
matières nourricières.
C’est aussi - et surtout - le cas des désherbants et autres pesticides que nos stations
d’épuration n’arrivent pas à filtrer et qui, de ce fait, s’accumulent..
Dans ce dernier cas, le seul remède serait de créer des bandes de 50m de largeur tout au
long des rivières, qui filtreraient les eaux de ruissellement avant qu’elles ne rejoignent le
cours d’eau. Or, actuellement, il suffit aux agriculteurs de laisser une bande de 5m pour
qu’ils puissent percevoir leurs subventions. (Et de toutes façons, ces produits arriveront
dans les nappes phréatiques pour des siècles).
Il y a aussi, les fécules et autres farines qui asphyxient toute vie par absorption de tout
l’oxygène de l’eau.
On notera aussi l’impact très grave (surtout pour les nappes phréatiques) des salages
effectués l’hiver. Au lieu de faire de la prévention et de limiter autoritairement ou non les
déplacements quand les conditions de circulation sont dangereuses, les responsables « se
couvrent » en déversant des milliers de tonnes de sel qui rejoindront nos réserves d’eau. A
nous pêcheurs et gestionnaires de contester ces mauvaises habitudes.
Il y a enfin une pollution « biologique » : algues, poissons étrangers à la rivière et qui
peuvent en perturber l’équilibre. c'est-à-dire, ne contenant pas ou très peu de «
poisons ».
Ces « poisons », quels sont-ils? (Je serai bref sur ce sujet connu de tous mais qu’il
m’était impossible d’éviter).
Evidemment, l’eau pure, au sens physique du terme, n’existe pas. Elle est chargée en sels
minéraux apportés par le sol dont elle a jailli et sur lequel elle s’écoule. C’est important à
savoir parce que certains de ces éléments la rendront plus ou moins « nourricière ». C’est
ainsi qu’une eau calcaire – c’est le cas de nos « chalk-streams » - favorisera beaucoup
plus une croissance rapide des poissons qu’une eau granitique. Cela pourra nous
conduire à déterminer une « maille » différente pour les poissons de ces deux types de
rivière.
Suite : Les habitatsAnalyse de notre parcours.: une prise de conscience
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