Le 62 revisité...

Publié le par Le secrétaire

                      Dans la perspective de vacances d'été à Gardincourt, j'ai décidé de ne pas rôtir idiot sous la lampe à bronzer familiale.
               Depuis des années, j'avais envie d'aller voir cet autre monde, au delà du monde... et la tentation, de plus en plus forte, était  devenue presque irrépressible, en ce début août 2008.
               Je me suis donc accroché sur le Web et au téléphone.  J'ai  ainsi découvert cinq à six parcours de pêche intéressants dans le Pas-de-Calais, pays de mon enfance et pas si loin que ça (1h-1h30 de route) de ma vie actuelle ! Génial.
                Avec Christian, qui avait aussi des foumis dans le liège, on a commencé par s'attaquer au parcours mouche (no-kill) fédéral, sur la Course à Beussent. C'est gratuit, mais il faut s'inscrire une semaine à l'avance auprès de la Fédération de Pêche du 62 : seuls quatre palmeurs sont autorisés à pêcher en même temps sur ce parcours pas très long (500m environ) mais double : la Course et en parallèle, son affluent Les Baillons. 

         Naturellement, nous avons  eu quelques difficultés à touver le début du parcours ("Vous êtes ici") parce que la pancarte est fixée sur la barrière d'une pâture et que lorsque celle-ci est ouverte, on ne voit plus que le dos de la dite-pancarte, un bête rectangle de contre-plaqué. Mais bon, ça nous a donnné l'occasion de tailler quelques bavettes, notamment avec un instituteur-secrétaire de mairie retraité qui nous aurait bien raconté sa vie.
           Nous avons trouvé que la rivière était très belle, mais ça on le savait déjà et visiblement entretenue et aménagée par les gens de la Fédé. Mais il y a encore du boulot... et quel dommage de ne pas pouvoir disposer d'un parcours un peu plus long !












           Cela dit, la déception commençait à gâter lentement le plaisir de la découverte : aucun poisson en vue, même en marchant bruyamment dans l'eau ! Nous commencions à échafauder un autre plan (il existe aussi un parcours sur la Liane à Selles près de Desvres, cartes journalières à acheter au café-tabac Le Chiquito), lorsque derrière nous, plouf, un beau  petit gobage. Ah, du coup le moral remonte dare-dare des chaussettes aux glandes salivaires.
             La gentillesse m'a toujours perdu : j'insiste pour que Christian attaque cet aimable poisson, ce qui est d'autant plus justifié que je n'ai pas de mouche au bout de ma ligne. Résultat : il s'y prend bien et la truite aussi, au deuxième passage.





           Bon, d'accord, on a déjà vu plus gros poisson, mais la santé de cette belle truite de rivière  (env 20 cm) faisait plaisir à voir, de même que son plaisir à retrouver le milieu aquatique et le plaisir de Christian pour tout ce qui précède !
           Curieusement, les truites de la Course n'étaient en activité (quelques éclosions d'éphémères grises moyennes) que  sur ce tronçon du parcours, où nous en avons accroché trois autres par la suite.
           Malheureusement, pour cause de réunion familiale de Christian (il en a au moins deux par semaine) , nous n'avons pas pu pêcher tard dans l'après-midi. En particulier, nous n'avons pas  exploré l'affluent de la Course, Les Baillons.
           Ce sera pour une autre fois.
           Excellente journée, dans une vraie nature, avec passage d'oies et de zébus.











                                                                                                                                                                












                                 Trois opportunités sur l'Aa...

            Mais nos vaillants explorateurs n'en  restèrent pas là...

            En effet, nos deux héros décidèrent, un autre vendredi, de pointer leurs cannes vers une rivière pas-de-calaisienne qui fut autrefois l'un des fleurons de la 1ère catégorie régionale et qui est maintenant plus connue chez les cruciverbistes que chez les pêcheurs. Allez donc savoir pourquoi ?
           Christian n'ayant aucune contrainte commémorative familiale, ce vendredi-là, l'éventualité d'un coup du soir fut même envisagée au départ de l'expédition...
            Premier objectif: le parcours de Renty, dont le président porte un nom illustre : Michel Legrand. Ce monsieur, qui tient une belle forme de 70 ans (malgré quelques soucis de tuyauterie, nous confia-t'il par la suite), nous a fait des cartes journalières (9€) tout en déplorant de n'avoir pas vu un poisson, en  deux heures de pêche la veille au soir et qu'en plus la météo n'annonce rien de bon  pour la journée.
             Mais les grains n'arrêtent pas le pélerin.
             Le parcours de Renty commence en peu en amont du pont du moulin. Un endroit magique. Le moulin avec  sa grande roue de bois paraît bien conservé mais surtout il a été  remarquablement restauré avec un grand corps de bâtiment, genre maison carrée, perpendiculaire à la rivière et le long de celle-ci des pièces à vivre en bois s'avancent sur l'eau. Magnifique.




                            Bon, on peut toujours rêver, mais la réalité du parcours, la voilà :

    


  












     




     

 

 

 

 

 

 

 

                 
                        C'est ça aussi... avec  beaucoup de tuyaux suspects qui se jettent dans l'onde pure :

 

 

 

 

 

 

 

                 Un parcours sympa, où nous avons vu une dizaine de poissons super feignants, fuyant à notre approche et pas du tout en poste. Pas d'insectes ni d'éclosions non plus.

             Sur le coup de 11h et conformément aux désagréabletés persifflées par  les pythies de la météo, le ciel a commencé à nous tomber sur la tête avec des gouttes qui n'ont pas tardé à prendre du rythme et des proportions. En général, même la grosse pluie n'arrête pas le pélerin, surtout s'il est bien équipé (Simm'sGoreTex Paclite : un poncho passé au dessus du gilet de pêche, façon bibendum Michelin bleu des mers du sud, mais très efficace, ouhlà ! Avec la capuche sur la tête, t'es vraiment seul au monde).
                Quand même, malgré notre moral estival et volontariste, avec cette pluie à 13° et l'onglée menaçante, sur le coup de midi, on se dit, Christian et moi, qu'il a bien fait d'emporter sa flasque de whisky et  qu'un bon cordial ne peut que nous réchauffer. Gagné, ça marche. Le moral remonte des chaussettes jusqu'à l'estomac. C'est déjà ça.
                 Là-dessus, qui c'est qui gare sa voiture à côté de la nôtre ?  Le président, M. Legrand, qui décline notre offre d'un petit coup de whisky irlandais (pour cause de tuyaux à ménager), mais qui se met à causer... de la rivière, de son fils moucheur au CNRS, des problèmes de passage avec certains "nouveaux riverains", dont certains récents propriétaires parvenus de la ville, qui se croient tout permis... Et puis, comme il nous trouve sympas et plutôt dépités, il nous propose une partie gratuite, pour la prochaine fois.
                 Le moral remontant encore d'un cran, on  se rappelle  l'Auberge de  l'Arc en Ciel, qu'on avait aperçue à Fauquembergues, en arrivant le matin :

















                    Partant du principe que les apparences ne sont  pas fiables... on  a poussé la porte de la taverne, ce que, franchement, nous n'avons pas eu à regretter. 
            La patronne finaude n'ouvre la salle du restaurant que quand tout le monde a bu un coup au bar... Elle a raison, quand tu demandes aux gens pouf-pouf assis à table, qui lisent le menu, s'ils prennent l'apéro, ils t'envoient paître... Bref, on a passé un bon moment, autour d'une cuisine familiale (on parlait il n'y a pas si longtemps "d'une cuisine de grand-mère"), avec notamment un fromage de tête qui reste déjà comme un de mes grands souvenirs culinaires. Si. Succulent. Ajoute à ça un accueil simple et sympathique, ainsi qu'une discussion instructive avec le mari de la patronne, ancien ébéniste-charpentier et tu comprendras que notre motivation pour la pêche avait un peu baissé après le café !
             Mais, bon, les explorateurs ne connaissent pas le relâchement et nous voici donc partis pour de nouvelles aventures. Direction Merck Saint Liévin et un parcours un peu mystérieux, dont on entend pourtant parler de temps en temps sur Gobages...

La suite au prochain numéro...

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J
C'est sur la Course que Dominique et moi avons fait notre première sortie pêche ensemble il y a quinze ans peut-être.<br /> A l'époque la rivière regorgeait de belles et grasses truites.<br /> Aussi, j'espère que le peu de succès de nos amis n'est du qu'à une langueur passagère du poisson et à des conditions climatiques défavorables.<br /> En tout cas nous voilà grâce à eux, munis de renseignements pour trouver cet improbable parcours mouche sur l'une des plus belles rivières de notre région.<br /> <br /> Jean-Pierre
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P
hello, une plume toujours aussi alerte ! un vrai régal à lire mais dommage , peu de photos de poissons !!!! no catch no release . Merci pour ce reportage qui nous réconforte sur notre région qui, si elle n'a pas de truite, a au moins de bonnes auberges.
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