Le Pas de Calais revisité / Chapter two

Publié le par Le secrétaire

C'est pas logique, mais voir plus bas pour le premier chapitre... 

RéSUMé des épisodes précédents : Christian et moi mettons le cap sur Merck- Saint Liévin, après avoir repris des forces à l’auberge de l’Arc-en-Ciel, à Fauquembergues (vous ai-je parlé de leur fromage de tête ?)…

 

Venant de Fauquembergues et en suivant l’Aa, on arrive tout de suite à Merck-Saint Liévin – là où j’allais pêcher à vélo quand j’avais 14 ans-…



Coup de pot : pour aller aux renseignements, Christian et moi, on s’arrête au premier bistrot qui est aussi celui où l’on prend les cartes de pêche. La patronne, qui vient d’essuyer le coup de feu du midi (elle fait brasserie), souffle un peu. Elle est causante, nous aussi. Surtout Christian qui apparemment aime bien les tôlières, genre belles plantes qui ont transpiré et qui soufflent un peu. Comme il est un peu tard pour aller à la pêche, on dit à la dame qu’on vient seulement  aux renseignements, mandatés par un grand club de pêcheurs à la mouche nordistes. Fort aimable (d’après le menu, on doit manger sympa à sa table), elle nous donne un plan des parcours de la société et de celui réservé à la mouche ainsi que les tarifs de la carte journalière  (pas donné : 20 € et 90€ la carte annuelle, tarifs qui témoignent d’une splendeur passée, à moins qu’il ne s’agisse de continuer à décourager les intrusions étrangères ! ).





Dans la voiture, on détaille ce qui est  une repro du cadastre avec les parcelles de propriété mais pas beaucoup d’autres informations… On voit quand même le tracé de la rivière et vaguement celui des voies de circulation. On se repère tant bien que mal, notre étoile du berger étant le bistrot de la bergère.

 

 

Bon, mon contact sur Gobages, Aaction62, Jérôme de son prénom dans le civil, ne s’était pas non plus montré très loquace, me renvoyant vers la mairie pour tous renseignements. Ce que nous fîmes finalement après avoir accompli au moins trois tours du village et exploré tous les chemins de traverse.
Mais peut-être n’a-t-il pas tort, Jérôme : découvrir un parcours, ça se mérite…
La secrétaire de mairie qui, apparemment ne néglige pas les requêtes de pêcheurs (le maire est aussi le président de la société de pêche), nous ouvre le grand classeur des plans cadastraux et nous montre ce que nous cherchons depuis deux heures : le  parcours mouche de la rivière. Elle nous indique le chemin. Nous sommes passés devant et le long, plusieurs fois. Apparemment, le parcours de 800m, présente une longue ligne droite dont une rive est  bien dégagée, suivie de quelques courbes. Pas question d’aller payer 40 € pour quelques heures de pêche alors qu’il continue de pleuviner et qu’on ne voit pas d’activité des poissons pas plus ici qu’à Renty ! Donc, nous nous sommes contentés de repérer et d’observer. 


Que Jérôme se rassure : nous  ne serons pas des cohortes de pêcheurs nordistes à venir prendre ses truites (même en no-kill), l’Aa n’a pas l’air en meilleur état ici que sur les autres parcours qui pourraient intéresser des moucheurs ! A ce moment, je pense à l’Albarine, cette belle rivière du Bugey, où nous avons pris de beaux ombres et de belles truites sauvages, fin mai, avec des cartes journalières de 10 €… On pourrait lancer une foultitude d’autres comparaisons dont aucune n’est à l’avantage des rivières du Pas-de-Calais. Mais, on y reviendra à la fin de cette exploration…

 

D’ailleurs, dans la foulée, Christian (l’homme qui aime les belles tôles) et moi, décidons de poursuivre nos reconnaissances jusqu’au village suivant, Ouve Wirquin où une « réserve mouche no-kill » a été créée. Nous roulons jusqu’à l’église et tournons à gauche à l’instinct : la rivière doit être par là en bas. Bonne pêche, d’autant que nous suivons un camion dont le cul arbore fièrement :  « Au beau poisson / Pisciculture de X sur x… ». Il s’arrête près d’un pont et le chauffeur est tout de suite accueilli par trois types en parka, un peu rougeauds, genre pêcheurs-chasseurs de la campagne. Ils chargent deux poubelles de truites frétillantes et traversent le pré en contrebas, vers la rivière.

Nous attendons qu’ils remontent pour engager la conversation. Oui, c’est le dernier rempoissonnement de l’année avant la fermeture, décidé par la Saumonée d’Ouve Wirquin, les  précédents ayant eu lieu les 21 mars (la veille de l’ouverture), 13 avril, 4 mai, 25 mai, 15 juin, et 20 juillet. Apparemment, il y a eu relâche en août. On se demande pourquoi, ils ne vont pas pêcher directement dans les bassins de la pisciculture.

Les trois hommes, mouillés mais visiblement satisfaits du travail accompli, nous regardent nous pêcheurs nordistes cherchant le parcours mouche, comme des zombies et nous envoient au café Sannier, à 300 m de là, où nous les retrouvons quelques minutes plus tard. C’est typiquement le genre d’endroit que j’aime bien. Ca ne ressemble pas plus à un bar moderne que ma maison à un HLM de banlieue. C’est un peu sombre, avec un grand bar de bois, des tables en formica post années cinquante, et sur le côté une immense salle avec toutes sortes de sièges et qui peut servir à tout : mariages, soirées dansantes, etc… Bref, des lieux de convivialité sans trop de clinquant, à géométrie variable, comme malheureusement on n’en trouve plus beaucoup dans nos campagnes. La patronne, blonde et alerte, est plutôt bien carrossée, ce qui n’est pas pour déplaire à Christian (est-ce que je vous ai dit qu’il est responsable de la qualité des tôles chez un grand constructeur automobile français, près de Douai ?).
 


De bonne grâce, elle nous donne tous les tuyaux. La carte journalière est beaucoup plus raisonnable : 7 € (après les rempoissonnements, c’est 13 €, normal non ? ) et la carte annuelle est à 86 €. Et un plan, plutôt bien fait celui-là qui nous permet d’arriver vite sur le parcours, juste après un musée de l’automobile, "Les Brigades de l'Aa" sponsorisé surtout par une marque qui n’est pas la préférée de Christian.




En tous cas, ce parcours mouche-réserve, ne permettrait pas d’accueillir tous les Refendus d’un coup. Guère plus de 300 m à vue de nez et sur une rive. On n’y pêche pas à deux toute une demie journée. C’est plutôt joli et il y a de la place derrière pour lancer. On s’est  promené sur la berge et on a scruté ces eaux de l’Aa qui ne sont pourtant pas laides. Même Christian qui a un œil de lynx n’a rien vu. On n’en a fait fuir aucune. Mais bon, on est déjà en fin de saison et on n’a pas vu beaucoup d’insectes non plus…

 

Le secrétaire

 

 

La suite (La Liane, la Hem et un premier coup d'oeil au réservoir de Recques sur Course) au  prochain épisode…

 

 

 

 

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